Loi contre la cybercriminalité à Madagascar: les internautes réagissent

Article : Loi contre la cybercriminalité à Madagascar: les internautes réagissent
30 juillet 2014

Loi contre la cybercriminalité à Madagascar: les internautes réagissent

La loi n°2014-006 contenant 41 articles subdivisés en trois chapitres sur la lutte contre la cybercriminalité a été déclarée conforme à la Constitution par la Haute Cour Constitutionnelle malgache le 16 juillet 2014 dernier. La Toile n’a pas tardé à réagir  sur cette loi qui menace la liberté d’expression.

Un jeune obsédé par FacebookCrédit photo: Kouadio effata (Own work) [CC-BY-SA-3.0], via Wikimedia Commons

Quelques réactions sur les réseaux sociaux

D’après cette loi, l’article 20 dit que: « L’injure ou la diffamation commise envers les corps constitués, les cours, les tribunaux, les Forces armées nationales ou d’un Etat, les administrations publiques, les membres du Gouvernement ou de l’Assemblée parlementaire, les fonctionnaires publics, les dépositaires ou agents de l’autorité publique, les citoyens chargés d’un service ou d’un mandat public, temporaire ou permanent, les assesseurs ou les témoins en raison de leurs dépositions,(…) sera punie d’un emprisonnement de deux à cinq ans et d’une amende de 2.000.000 Ariary à 100.000.000 Ariary ou l’une de ces peines seulement. »

Le twitto @thierry_ratsiz demande donc, non sans humour, s’il y a au moins le wifi dans les prisons malgaches:

 

Et @KasahyMahitsy anticipe, toujours avec humour, une rénovation d’Antanimora (un centre de détention d’Antananarivo, la capitale malgache) afin que les futurs détenus s’y sentent mieux:

 

Comme cette loi est claire sur le fait qu’on ne peut plus dire n’importe quoi sur Internet, @Faaiio acclame la loi n°2004-006 dans son tweet:

 

Quant à @tagman_namgat, il ironise sur l’avenir d’Internet:

 

Un autre twitto, @matiieeu, doute de la priorité de ce genre de loi pour un pays « peu connecté » comme Madagascar:

 

 Et @KasahyMahitsy fait remarquer que les injures envers les institutions sont plus sévèrement punies que les génocides et la pédopornographie:

 

 Sur Facebook, en simple citoyen, Renaud Raharijaona invite au débat les députés, les professionnels des médias ainsi que les utilisateurs des réseaux sociaux après avoir adressé trois questions au député auteur de la loi n°2014-006 sur la lutte contre la cybercriminalité.

Et vous?

Les journaux malgaches parlent de cette loi ce matin. Et vous, comment trouvez-vous cette loi n°2014-006 sur la lutte contre la cybercriminalité (que vous pouvez voir ICI) ? Vous pouvez aussi réagir dans les commentaires!

 

Partagez

Commentaires

Andriamialy
Répondre

C'est bien de se prémunir contre toutes les formes de criminalités. Avec internet, les plus grands fléaux sont le piratage, l'espionnage et les propagandes terroristes ... pas les injures, plutôt le harcèlement.
On voit que c'est cet article 20 qui fait polémique. Il a tout l'air d'un instrument de répression contre la liberté d'expression.
Comment les législateurs malgaches ont-ils pu pondre cet article tous seuls sans copier chez les autres? Qui est le bénéficiaire final de l'affaire?
Vus nos moyens techniques et financiers, comme toujours, cette loi ne sera appliquée que sur quelques martyrs au début puis sur les personnes visées après.

Andriamihaj
Répondre

Il y a quelque chose de bien dans cette loi, notamment en ce qui concerne les données mais la partie "injure" va faire polémique.

Evolution Generation
Répondre

Bref, j'en doute fort au développement du NTIC à Madagascar depuis que cette loi a vu le jour. Vous pouvez en discuter aussi sur mon site Web : Discussion ouvert à tout le monde autour de la loi contre la #cybercriminalité à #Madagascar
https://forum.evolution-generation.com/divers-sujets-f57/loi-contre-la-cybercriminalite-a-madagascar-t238.html#p251

Andriamihaj
Répondre

Merci pour le commentaire. En effet c'est un débat qui doit vraiment s'ouvrir.

Andry chrystiah
Répondre

je suis à la fois pour et contre cette loi mais aussi indignée de voir que les parlementaires qui ont voté cette loi n'y comprennent rien 1 mois après le vote.

jinnah robritch hermann
Répondre

Les fondateurs de cette loi ne savent pas qu'ils sont concernés.
Alors ils se trompent.