Les filles de Tuléar n’aiment pas les blogueurs

 

J’ai passé la plus belle semaine de débauche de toute ma vie. C’est à peine si, à côté, le jour où j’ai eu mon bac compte pour quelque chose. Cependant, quand on y pense vraiment, elle n’a pas été si exceptionnelle que ça.

Prendre son pied

Je vais vous dire pourquoi. Jeudi dans l’après-midi, j’ai la gorge sèche. On est en fin septembre et je suis d’accord avec tout le monde: Il fait chaud. Direction dans un endroit où on vend un peu de fraîcheur en bouteilles. Je commence par boire une bouteille de THB, « le labiera » local. La bière en passant dans ma gorge arrivait comme des bâtons d’esquimaux qui tombent à midi dans le désert de Sahara. Mais le problème quand je me désaltère avec de la boisson glacée en pleine canicule, ça ne résout jamais rien, j’en veux toujours un peu plus.

Donc tout est passé si vite, et comme par magie, je me retrouve dans une boîte de la ville. « Tam Tam Café » ça s’appelle. Je ne me souviens plus si c’est l’effet des quelques verres mais je me rappelle avoir pensé que cet endroit était fabuleux. La preuve : un check-in sur Foursquare.

 

 

La musique était à fond, les lumières étaient impeccables c’est-à-dire plein de couleurs, ça tape dans les yeux et ça me fait toujours demander s’il n’y aurait pas un système d’hypnose qui invite gentiment les gens à acheter des bières et autres cochonneries qui bousillent le foie et les reins mais qu’on aime bien. La seule chose qui n’allait pas c’est que c’était presque vide. Je savais que c’était louche d’avoir pu convaincre le type des billets à l’entrée alors que je ne négociais même pas, enfin un peu. De toute façon, on était jeudi, c’était normal s’il n’y avait pas foule.

Cependant, ça posait problème car pas de foule signifiait aussi plus de tripes à avoir et à acquérir pour oser venir sur la piste de danse. Je faisais confiance aux jeux de lumière qui hypnotisent. J’ai commandé une bière, ça ne m’aurait pas trop ruiné tout compte fait. Ça commençait à faire effet, la musique n’était pas mal et les jeux de lumière semblaient vraiment vouloir me dire que ça y est je pouvais aller danser.

En piste, je suivais le rythme tout en me rapprochant des filles que je croisais sur mon passage. Tant pis si je sacrifiais quelques points de réputation. Il n’y avait pas foule, on n’était pas nombreux au beau milieu de la boîte. Je dansais comme le type à son enterrement de vie de garçon mais apparemment on s’en foutait même si je n’étais plus un cœur à prendre, vue la façon avec laquelle elles m’esquivaient quand je devenais un peu plus explicite dans mes déhanchements. Une à une elles se la jouaient pas intéressées. Il y a même une qui m’a balancé en pleine figure : « Tsy mitolo gasy » ce qui signifiait « on ne fricotte pas avec les malgaches ». Blasé, j’aurais voulu lui sortir à quel point je blogue bien, je parle mieux français qu’un réunionnais, je me débrouille pas mal en anglais et que ce soir j’avais un portefeuille pas vide, bref un mec qu’elle aurait eu à elle toute seule toute la nuit et plus si affinités.

Je regardais par terre, j’avais remarqué que j’avais porté mes vieux KITO. C’est sûrement ça qui n’a pas marché car un connaisseur m’a dit qu’à Tuléar les filles regardent des pieds à la tête. Donc moi et mes sandales, nous pouvions prendre nos clics et nos clacs et rentrer tranquillement.

Comment pouvait-on résister à un blogueur pas sobre demandais-je aux jeux de lumières ? C’est sûrement que les filles de Tuléar n’aiment pas les blogueurs. Si seulement elles pouvaient savoir que j’ai 1000 followers sur Twitter. 😉

 

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Andriamihaja Guénolé, 26 ans, né à Tuléar, dans le Sud de Madagascar, vit à Antananarivo. Il rejoint Mondoblog en 2010. Se décrivant comme blogueur naïf et un peu indifférent, il écrit "tout et n'importe quoi (mais surtout n'importe quoi)". Passionné de nouvelles technologies, il travaille pour une plateforme nationale malgache de communautés gérant localement les ressources marines en tant qu'assistant de communication.

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