Madagascar, tes tortues sont en voie de disparition !

 

Juin 2010, 300 tortues dans deux grandes valises sont saisies à l’aéroport de Kuala Lumpur en Malaisie. Septembre 2011, une malgache est interceptée avec 93 tortues à soc ( Angonoka) cachée dans des couches pour bébés à l’aéroport de Mahajanga. Mars 2012, 140 tortues radiées sont découvertes parmi les colis d’un taxi-brousse en direction d’Antananarivo : expéditeur anonyme, destinataire fantôme. Ce ne sont que quelques exemples parmi le nombre incalculable de cas de trafics à l’échelle nationale et internationale.

 

Tortue

 

Madagascar tu tues tes tortues !

 

Les raisons du trafic ? Les tortues sont réputées pour être de gentils animaux de compagnie et leur viande serait d’un goût inégalable. Cependant, les tortues de Madagascar sont classées dans l’annexe I de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacés d’extinction (CITES). Donc avoir bébé tortue dans son jardin ou dans son assiette est ILLICTE.

 

Mais si on regarde les chiffres, je me demande si nous sommes conscients de l’imminence de l’extinction de ces reptiles. Pour les tortues à soc du Nord-Ouest de la Grande Ile, connu sous le nom scientifique Astrochelys yniphora, une étude de 2011 montre que la population est passée de 400 à 200. Après 3 ou 4 trafics illicites « réussis », Madagascar n’aura plus de Tortue à soc.
Dans l’ensemble, le trafic est estimé à 60 000 individus par an. Ce chiffre incroyable s’explique par le prix d’un spécimen. Pour la tortue radiée, le prix varie entre 1700$ et peut aller jusqu’à 4 800$.

 

 

Le village des tortues : quand la sensibilisation et l’éducation sont une lueur d’espoir

 

C’est à 25 km au Nord de Tuléar, à Mangily-Ifaty, que se trouve le village des tortues. Ce lieu de 7 hectares a été créé par la SOPTOM, l’Association pour la Sauvegarde de l’environnement (ASE), en partenariat avec la WWF Madagascar, l’ONG Bel Avenir et quelques associations malgaches et françaises. Dans ce parc, on apprend un peu plus sur la vie des deux espèces de tortues endémiques dans le sud malgache : la tortue radiée, sokake ou Astrochelys radiata et la tortue araignée, kapila ou Pyxis arachnoides.

 

« En 15 ans le nombre de tortues recensés dans leurs habitats naturels est passé de 12 à 6 millions. A ce rythme effréné d’exploitation de nos amies les tortues, on estime que dans 15 ans, les sokake ne seront plus que de l’histoire ancienne. » C’est le message que fait passer Hafany, un des guides, aux enfants, aux étudiants et aux touristes qui s’arrêtent pour visiter le Village des Tortues.

 

DSCF0352Hafany le guide

 

La visite dure environ une heure et j’ai trouvé un malin plaisir à envahir le quotidien de ces tortues qui apparemment ne se prennent pas trop la tête ! Elles sont habituées à voir du monde et à être prises en photo par les paparazzis venant des quatre coins du globe. 😀

 

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Une tortue radiée en plein déjeuner

 

Ici, on a rencontré une tortue radiée Mister Francklin Sokaké 😉 en plein déjeuner. En novembre, il va essayer de trouver son âme sœur pour donner des Francklin junior, c’est la période de reproduction. Les tortues radiées n’hibernent jamais.

 

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Une tortue araignée en hibernation

 

Les tortues araignées, quand à elles, sont en pleine période d’hibernation. Elles ne boivent pas, ne mangent rien et préfèrent plutôt s’ « enterrer ». Cela va durer 6 mois.
La particularité de cet endroit est qu’on accueille ici les tortues saisies dans les douanes. On les soigne, on les débarrasse des éventuels parasites qu’elles auraient pu choper au cours de leur trafic et on les lâche dans leur habitat naturel le moment venu. Par exemple, cette année, on lâchera 100 individus dans le Parc National Tsimanampesotse après les avoir mises à l’épreuve pendant 12 mois. Elles pourraient affronter sans difficulté le retour dans le milieu naturel mais c’est le fait de retomber à nouveau dans les filets des braconniers qui est à craindre.
Bref dans un contexte de crise socio-économico-politique qui n’en finit pas, d’après vous, comment faire pour éviter la disparition des espèces comme les tortues ? Et le trafic illicite ne s’arrête pas au niveau des tortues terrestres mais cela commence aussi à s’amplifier chez les tortues marines. Où va-t-on ?

DSCF0395Protégeons ensemble les Tortues de Madagascar !!!

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Andriamihaja Guénolé, 26 ans, né à Tuléar, dans le Sud de Madagascar, vit à Antananarivo. Il rejoint Mondoblog en 2010. Se décrivant comme blogueur naïf et un peu indifférent, il écrit "tout et n'importe quoi (mais surtout n'importe quoi)". Passionné de nouvelles technologies, il travaille pour une plateforme nationale malgache de communautés gérant localement les ressources marines en tant qu'assistant de communication.

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